Développement

Le capital risque

Pour une jeune société, qui prévoit une forte croissance ou qui intervient dans un domaine très innovant, l'ouverture de son capital est souvent la seule solution pour financer son activité.
Le capital risque consiste en une prise de participation au capital de sociétés non cotées, visant à financer :
 les frais de recherche et de développement d'un nouveau produit,
 l'accroissement de la masse salariale induite par le développement de l'activité,
 le besoin en fonds de roulement…
Gage de sécurité et de confiance, le capital risque permet généralement d'obtenir des financements bancaires pour compléter les ressources de l'entreprise.

Toutes les entreprises ne sont pas éligibles au capital risque. Les investisseurs attendent de réaliser à moyen terme (entre 3 et 7 ans) des plus-values substantielles, c'est pourquoi ils privilégient le financement d'entreprises présentant de perspectives de développement  intéressantes.

Les entreprises éligibles doivent :
 afficher un fort potentiel de croissance,
 présenter une innovation (technique,  commerciale, etc.)
 être positionnées sur une niche spécifique extrêmement prometteuse avec chiffres à l'appui.

Les levées de fonds en capital risque sont réalisées dans des entreprises généralement âgées de 0 à 5 ans.


  Qui sont ces investisseurs ?

Le capital risque comporte de nombreux acteurs très différents les uns des autres. Chacun possède sa propre politique d'investissement.
Les fourchettes d'investissement, les secteurs d'activités visés, les zones géographiques d'investissement peuvent varier d'un acteur à un autre. Il convient alors de faire appel à une structure réellement susceptible de financer le développement de l'entreprise.

Parmi l'ensemble des intervenants en capital risque, on distingue quatre grandes familles :

  Le capital risque de proximité : entourage proche ou structures spécialisées, les fourchettes d'investissement oscillant de 5 000 à 50 000 euros.
Principaux organismes : les Cigales, Garrigue, Love money pour l'emploi, Financités

  Les business angels : personnes physiques qui décident d'investir une partie de leur patrimoine financier dans des sociétés à fort potentiel de croissance. Certains sont regroupés au sein de réseaux fédérés par l'association France Angels tandis que d'autres interviennent dans des projets développés par des chefs d'entreprises de leur connaissance. Leur participation individuelle peut aller du simple au double, néanmoins, le ticket moyen d'investissement est estimé à 100 000 euros. En savoir plus

  Les fonds de capital risque régionaux et les fonds d'investissement de proximité (FIP) : structures prenant des participations financières dans les entreprises implantées dans leur territoire d'action. Les fourchettes d'investissement varient de 75 000 à 600 000 euros (en fonction des organismes, les participations peuvent atteindre 1 million d'euros). De nombreux investisseurs régionaux adhèrent à l'association Unicer (Union nationale des investisseurs en capital pour les entreprises régionales).
Les principaux intervenants sont listés sur :
- l'annuaire des investisseurs régionaux
- l'annuaire de l'Unicer

  Les fonds de capital risque nationaux : fonds qui intervenant sur des fourchettes d'investissement généralement supérieures à 1 million d'euros. Les principaux fonds sont recensés au sein :
- de l'annuaire des participations de CDC Entreprises ( accéder au moteur de recherche des fonds affiliés).
- de l'annuaire des membres de l'Afic (Association française des investisseurs en capital)
- du guide des sociétés de capital investissement (Editions du management)

  La qualification "entreprise innovante" au titre des FCPI (Fonds communs de placement dans l'innovation) délivrée par OSEO permet aux entreprises titulaires d'accéder au financement des FCPI.


  Sous quelle forme interviennent-ils ?

Les investisseurs en capital risque prennent généralement des participations minoritaires au capital des sociétés soutenues. Le cas échéant, ces participations peuvent être complétées par l'émission :
   d'obligations convertibles en action (OC) dont l'objectif est de limiter la dilution des actionnaires.
  de bons de souscriptions d'actions (BSA) qui modifient la répartition du capital.

Généralement "actifs" au sein de la société, les investisseurs n'hésitent pas à prendre part dans les conseils d'administration et à faire bénéficier les chefs d'entreprise de leurs conseils et de leur carnet d'adresses.


  Comment procéder pour lever des fonds ?

   Etape 1 - Elaboration du  business plan : il présente l'entreprise, l'équipe, les projets de développement, la rentabilité attendue... Ce document doit s'accompagner d'un résumé appelé "executive summary" reprenant les points essentiels.
En savoir plus sur le sujet (espace "créateur")

   Etape 2 - Les "due diligences" : si le projet d'investissement est perçu favorablement par l'investisseur, celui-ci souhaitera tout connaître de l'entreprise. Cette phase peut s'avérer très longue, de quelques mois à une année selon les montants sollicités. Des audits vont être commandés afin de vérifier la santé de l'entreprise (structure financière, positionnement des produits ou services sur leur marché, qualité de l'équipe dirigeante...)

   Etape 3 - Signature du protocole d'accord et du pacte d'actionnaire : au terme des "due diligences", l'investisseur sera en mesure de rendre sa décision. Dans l'affirmative, le dirigeant et l'investisseur rentrent dans une phase de négociation qui se finalisera par la validation des montages financiers et juridiques.
Un pacte d'actionnaire viendra sceller la relation avant le versement des fonds.
En savoir plus sur la levée de fonds (espace "créateur")


  Qui contacter ?

petit_carre.gif Oseo capital PME
http://capitalpme.oseo.fr/

Unicer : Union nationale des investisseurs en capital pour les entreprises régionales
03 20 31 82 04
www.unicer.asso.fr

Afic : Association française des investisseurs en capital
23, rue de l'Arcade, 75008 Paris, Tél. : 01 47 20 99 09 info@afic.asso.fr
www.afic.asso.fr

 France Angels : association rassemblant les business angels
16 rue de Turbigo, 75002 Paris, Tél. : 01 71 18 39 30
www.franceangels.org

Fédération des Cigales
61 rue Victor Hugo, 93500 Pantin, Tél. : 01 49 91 90 91
www.cigales.asso.fr
Interventions modestes de l'ordre de 1 500 et 4 500 euros. Elles intéressent les petites entreprises locales.

Fédération Love Money pour l'Emploi
10 rue de Montyon, 75009 Paris, Tél. : 01 48 00 03 35
www.love-money.org

Les opérateurs privés spécialisés en recherche de fonds (leveurs de fonds)


Le point de vue de l'investisseur

Choisir son investisseur est déterminant. Pourtant, trop d'entrepreneurs obsédés par la ressource financière se retrouvent en position de demandeur et, dans l'urgence de la levée de fonds, optent pour les "mauvais" candidats. Pour éviter de se tromper dans ses choix, l'entrepreneur doit au préalable clairement caractériser la nature de son projet et réaliser un travail d'analyse des fonds. En fonction de son stade de maturité, de ses exigences et de son secteur d'activité, il pourra établir son "cahier des charges" en définissant les critères qui lui semblent essentiels. En faisant coïncider ses attentes avec ce que le marché des investisseurs propose, un premier tri va naturellement se dégager.
D'autres critères auront également leur importance : un actionnaire financier qui a déjà investi dans le même secteur d'activité pourra apporter sa connaissance du marché à l'entrepreneur et sera un allié de choix. L'entrepreneur devra en outre vérifier la capacité financière de l'investisseur en fonction de ses besoins actuels et futurs. Par exemple, un fonds en fin de vie ne pourra pas réinvestir ultérieurement dans l'entreprise. Il faudra donc s'assurer que l'équipe de gestion possède les moyens de lever un nouveau fonds dans des proportions au moins identiques au précédent. Lire la suite

Fabien Prévost, Président du directoire de Crédit Agricole Private Equity et auteur du livre "Entrepreneurs, quel Private Equity pour vous accompagner ? ", Revue Banque Edition.

 

 

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